Une chasse aux grives insolite à Barry

Ou la mésaventure de deux jeunes chasseurs

Une partie de chasse peu banale pour de jeunes chasseurs, Claude et René, leur péripétie se situant en octobre ou novembre de l’année 1955….

Claude travaille dans la ferme familiale à Lambisque où son père est exploitant agricole. Lors des “veillées” depuis son jeune âge, Claude est bercé par les histoires et anecdotes de chasse. Tous les hommes de son entourage sont des chasseurs passionnés et leurs épouses se transmettent des recettes de plats de gibiers et se racontent les festins qui s’ensuivent. Le jeune Claude est vite conquis par la passion de la chasse et les mets délicieux de gibier…

Depuis que son physique lui permet de parcourir la campagne, Claude accompagne ses grands-pères, son oncle et son père à la chasse. Cette année-là enfin, il a atteint l’âge légal (16ans) pour pratiquer la traque et le tir du gibier avec un fusil ; une passion qui ne l’abandonnera plus…

Il rend souvent visite à ses grands-parents à St Pierre où il fait la connaissance d’un garçon voisin, René. Ils deviennent rapidement copains, René est aussi un passionné de chasse.

épouvantail

Dans les années 1950, l’agriculture traditionnelle n’utilise pas de produits chimiques, pesticides et insecticides funestes pour la faune sauvage. La mécanisation : tracteurs et autres engins agricoles est encore balbutiante et ne gêne pas le gibier. Le remembrement des parcelles dans les plaines n’a pas eu lieu, les champs sont toujours bordés de haies touffues servant à protéger les récoltes du Mistral en offrant aussi des lieux de refuge et de nidification aux passereaux et aux lapins.

Le gibier qui est abondant se délecte dans les jardins et cultures causant des pertes parfois importantes aux exploitants. À cette époque, les potagers, les parcelles cultivées et les arbres fruitiers sont agrémentés d’indispensables épouvantails.

Le tir du petit gibier et son piégeage avec des lecques, des collets ou de la glu sont coutumiers et procurent au cours de l’hiver un complément peu onéreux de nourriture gustative…

Claude avec ses économies d’argent de poche, a acheté depuis peu une mobylette d’occasion. Ce petit et populaire cyclomoteur lui permet une ou deux fois la semaine après le travail des champs à Lambisque de rejoindre René à St Pierre. Le lieu de rendez-vous habituel des deux copains est le bistrot du hameau…

Dans cet unique café de St Pierre se retrouvent après la journée de travail les hommes du quartier dont la plupart sont des chasseurs et dans lequel la société de chasse a domicilié son siège social. Les deux amis, autour d’un verre de limonade écoutent attentivement les anciens causer de la chasse : anecdotes, conseils, informations etc.

http://data.abuledu.org/URI/5172a0b1

Un vendredi soir il y a plus d’animation que d’habitude : Les “tourdres” (grives) sont arrivés !…. L’hiver sera probablement très froid vu les nuées de vols qui passent !….Préparez

vos cartouches pour la passée à Barry !… On va se régaler de bonnes rôties ! (*1) clament les vieux chasseurs

Les deux copains ne perdent pas une miette de ce qu’il se dit et décident de participer à cette allégresse générale. Ils se donnent rendez-vous  le lendemain à 13 h 30, afin d’être les premiers sur la montagne de Barry pour choisir le meilleur emplacement de tir.

Ce samedi-là, il fait un “froid de canard” la température oscille entre moins deux et un degré avec un Mistral à tout casser, d’ailleurs les deux amis ne croisent personne dans les rues de St Pierre. À l’heure dite, le fusil en bandoulière et les poches pleines de cartouches, ils gravissent sur leur mobylette le chemin charretier montant à Barry en pédalant avec énergie pour aider les moteurs poussifs, mais aussi pour se réchauffer.

Effectivement, comme prévu, ils sont arrivés les premiers sur la colline et choisissent le poste de tir le plus adéquat sur une butte à proximité de la ruine dite : “La maison du four à pain”.

La “passée ou la couchée” (*2) des grives ne commence qu’à la descente du soleil vers 16 heures. Avant l’arrivée massive des volatiles pour les premiers tirs, ils doivent patienter plus d’une heure dans le froid rigoureux derrière une touffe d’arbuste.

Malgré les gros pull-overs, la canadienne, le passe-montagne et les gants, dans l’immobilité, les jeunes “menrods” sont rapidement frigorifiés avec les doigts engourdis par l’environnement glacial. René dit : ” Claude ramasse un fagot de bois, je vais allumer un feu dans la cheminée de la maison abandonnée”…

Aussitôt, les garçons ramassent des brassées de bois sec, puis se dirigent vers la ruine, impatients d’un peu de chaleur.

Arrivés devant l’âtre une surprise les attend : à droite de la cheminée, une paire de pieds dépassent du four à pain, ils pensent immédiatement que c’est un chasseur s’abritant du froid.

“Hé ! Sortez de là, nous allons faire du feu”, l’individu ne semble pas avoir entendu.

Claude pour le réveiller lui tapote les pieds, mais ceux-ci sont raides comme le bois sec qu’il vient d’amasser ! “Il est mort ! S’écrie-t-il”.

Paralysés par l’effroi les jeunes chasseurs fixent le four à pain où gît le cadavre lové en chien de fusil. Après de longues minutes, ce sont les violentes morsures du froid qui les sort de leur hébétude. “Il faut prévenir les gendarmes !”, sitôt dit, ils détalent, enfourchent leur mobylette et redescendent à toute vitesse au village…

 À St Pierre, ils entrent en trombe dans le bistrot et s’écrient : “y a un mort à Barry !”

Les quelques habitués et le tenancier les entourent aussitôt et posent des questions en rafales, “Qui est mort ? Où est le mort ? Qui a tiré ?” etc., auxquels s’ajoutent en pareille circonstance des commentaires idiots : “ils sont trop jeunes pour porter un fusil, etc.”

Tétanisés par le froid et le trouble, ils sont pris de violents tremblements et éclatent en sanglot ne pouvant qu’ânonner quelques mots que personne ne saisit…

Le patron du bar comprend que les garçons qu’il connaît bien sont en état de choc et ordonne avec autorité aux présents de se taire. Il les installe à côté du grand poêle à charbon dont il réactive la flamme, puis leur sert un grand bol de café très chaud et bien arrosé de gnole….

Ce n’est qu’une vingtaine de minutes plus tard, réchauffés et calmés que les deux amis racontent avec précision leur mésaventure, au grand soulagement du “bistroquet” qui avait cru que les garçons étaient la cause d’un accident de chasse…

Les gendarmes et le Maire sont alertés. L’enquête de gendarmerie a conclu que l’individu était décédé d’épuisement et de froid. Dans leur colonne “faits divers” les journaux locaux relatèrent cet événement dramatique en donnant quelques précisions. Le personnage était le fils d’un ancien boulanger qui exerçait à Bollène bien avant la guerre… Un vagabond d’une quarantaine d’années, se nourrissant de ce qu’il trouvait dans la nature, il s’était rapproché des lieux de son enfance ; la faim et le froid ont mis un terme à sa vie…

Mr Claude Armand m’a conté à maintes reprises ce souvenir qui a marqué une page de sa vie en caractères noirs, il en était encore très affecté. “En ces années, me disait-il, les paysans étaient hospitaliers, pourquoi cet homme ne s’est-il pas rapproché d’une ferme ? Dans nos campagnes, on ne laissait pas les gens mourir de faim et de froid”…

Pendant près de trente années Claude Armand fut Président de l’association de chasse de Bollène. Il s’efforça de maintenir une chasse conviviale ; un loisir simple très près de la nature. Parmi les premiers défenseurs de la nature, les vrais écolos, il alerta très tôt la fédération de chasse et la chambre d’agriculture sur la disparition d’insectes et de passereaux causée par les produits chimiques, de même que sur le remembrement des parcelles provocant lui aussi d’énormes ravages sur la faune sauvage…

Aidés de chasseurs bénévoles, il entreprit dans le parc de la Garenne à Bollène, un élevage de perdreaux, de faisans et de lapins afin de les réintroduire dans la nature pour combler les dommages créés par l’agriculture intensive ; “Tôt ou tard, certains arriveront à s’accommoder des produits chimiques !” déclarait-il…

Il était attristé par les attaques injustifiées des citadins et de certaines organisations contre les chasseurs. “Est-ce que les “Footeux” détruisent leur stade après chaque match ? Non, ils l’entretiennent pour pratiquer leur sport régulièrement. Eh bien les chasseurs font de même ! Non ! Les chasseurs ne sont pas des destructeurs”, disait-il amèrement…

 

Cet attachant amoureux de la nature, fils de paysan, quitta l’exploitation agricole mais fut rattrapé par un produit phytosanitaire qu’il avait inhalé en toute ignorance de sa haute toxicité lors de traitements d’arbres fruitiers. Latent pendant quatre décennies, ce produit très utilisé par l’agriculture d’alors se réactiva, lui déclenchant une forme de leucémie qui mit fin prématurément à ses jours.

Claude Dalmas septembre 2020

Texte écrit d’après le témoignage de Monsieur Claude Armand (1 939 – 2 020).

(*1) La rôtie : mets délicieux de grives lardés déposées sur des tranches de pain et rôties au four ; à l’ancienne rôties sur un tournebroche.

(*2) La passée : lieu habituel où passent les migrateurs. La couchée ; à la tombée du jour, voie de passage des grives qui vont se réfugier pour la nuit en vols groupés dans les arbres aux ramures denses sur les collines.

L’ermite de Chabrières

Joachim TAULEIGNE a été le dernier habitant troglodyte du plateau de Barry : il vivait en « ermite » dans une grotte située au sud-est du massif à proximité du fort médiéval et du village troglodytique ruiné de la falaise de Chabrières.

TÉMOIGNAGE :
« J’ai connu M. TAULEIGNE au cours des années 1974/75, pour avoir été son infirmière.
Notre première rencontre s’est passée suite à un appel téléphonique de Mme R. (de la ferme en dessous de la grotte et à gauche du château de La Croix Chabrières) : « M. Tauleigne est malade, il est chez nous. Le médecin vient de lui prescrire des piqûres et il dépose son ordonnance à la pharmacie : pouvez-vous prendre les médicaments et venir lui faire sa première piqûre ? »

C’est bien entendu d’accord. Je lui fais sa première injection et demande comment on fait pour les suivantes (il ne pouvait marcher qu’à grand peine) :

– « Dites-moi l’heure et je descendrai ici ».
– « Bien… c’est entendu… »
Le lendemain, à l’heure dite : personne… Nous avons vite compris ; Mme R. me propose de monter avec moi à la grotte.
Je la suis, droit vers le « Mas Tauleigne » qui était, à ce moment-là, une ruine avec des arbres en son milieu. Nous le contournons, passons devant la source où Mme R. remplit son broc d’eau pour le lui monter, m’expliquant que c’est son seul point d’eau. Nous grimpons…

Sublime : une, puis deux et trois terrasses entretenues face au Ventoux, des poules, des pigeons nichant dans la falaise, des chèvres et un bouc majestueux !
La porte d’entrée était faite d’un rajout de sacs de toile de jute que nous soulevons après avoir appelé :
« Il y a quelqu’un ? », et obtenu son autorisation.
En face, un peu à droite dans le creux du rocher, un sommier et M. Tauleigne qui ne pouvait pas se lever.
Un poêle, un four à pain, une petite fenêtre sur l’évier, et un trou en plafond permettant l’accès à la grotte supérieure.
Sur la droite et vers la fenêtre, une table et un journal : je l’étale et y pose ma serviette, l’ouvre et prépare ma piqûre avec le plus d’hygiène possible, car, au son de nos voix, un bruit de cavalcade, beaucoup de poussière et plusieurs têtes de chèvres viennent se superposer dans l’ouverture sur notre droite, au départ du tunnel! Curieuses, mais respectueuses des consignes : il n’y a pas de barrière, mais elles n’entrent pas !
Je fais ma piqûre et m’entends dire que je n’aurais pas dû me déplacer : « Je serai descendu lorsque j’aurai pu !». Bon, sans commentaire : merci pour ma peine et le temps passé ! Mais j’étais avertie : « Un bon conseil : avec lui on écoute, on se tait et on fait ce qu’on a à faire ! Inutile de discuter ! ».
Ainsi, je suis monté quelques jours puis j’ai fini la série de piqûres chez Mme R. dès qu’il a pu descendre. Les autres traitements se sont déroulés de la même façon, à part que nous avions fait plus ample connaissance et qu’il ne se gênait pas, parfois, pour me rappeler que je n’arrivais pas toujours à l’heure dite !
J’ai appris aussi à cette époque que le facteur laissait son courrier à la ferme et avait signalé que sa retraite faisait retour à sa caisse, car il n’allait pas à la poste la retirer. Mme R. avait insisté et obtenu qu’il accepte d’être conduit à la poste lorsqu’il recevait son avis…Seulement, un jour, le receveur a avisé Mme R. que cela était inutile : pendant qu’elle attendait dans sa voiture, il entrait à la poste un moment et ressortait sans réclamer son dû! Il ne voulait plus rien de la société : « Ermite…ermite, on se suffit à soi-même ! ».

En dehors de son caractère « bien trempé », je n’ai jamais vu notre homme ivre et j’étais moi-même surprise de le trouver assez propre en vivant dans un tel dénuement. A l’époque je soignais quatre personnes qui vivaient sans eau courante ni électricité, dans des cabanons de jardin, une dans un car où je devais chasser les poules de la table pour me faire une place de « travail ».
De tous ma plus grande estime allait à M. Tauleigne, le plus isolé et le plus solitaire, le plus autonome, et le plus proche de la nature. Sa façon de vivre n’était pas subie comme les autres, mais choisie.
Je voyais aussi souvent M. R. qui vivait dans un cabanon vers l’ancienne route de Saint-Paul, et qui était lui aussi un sacré personnage, mais avec lui on parlait surtout de Barry !
Mais revenons à M. Tauleigne !
Il est décédé en janvier 1976, et ses dernières années de vie ont été un peu difficiles à cause de l’âge et de ses conditions de vie, même si quelques voisins lui venaient en aide. Les chèvres se sont rapprochées des fermes pour se faire traire, la poussée du lait les faisant souffrir. Le bouc est parti dans la montagne. Les habitués de Barry pensent que c’était lui que l’on voyait encore sur le massif il y a quelques années, très vieux, mais toujours indépendant et fier. Et il valait mieux ne pas l’ennuyer !


Qu’est devenue la grotte ? J’y suis remonté de nombreuses fois, toujours avec plaisir.
Elle a été abandonnée, mais aussi vandalisée pendant plusieurs années. Certains ont pensé que comme il ne dépensait pas il avait certainement caché beaucoup d’argent : sommier éventré, murs démontés, puits curé… Bien sûr, vous le savez, il n’y a jamais eu de magot, mais les dégâts sont là, la grotte toujours aussi belle, mais dangereusement dégradée par le temps et les intempéries…
Voici la fin de l’histoire de Joachim TAULEIGNE et de sa grotte…

Jacqueline DUMARCHER – Novembre 2019

POST SCRIPTUM de BARRY-AERIA :
Merci pour ce témoignage. Cette grotte est effectivement très belle, creusée dans une zone sans éboulement, face au Ventoux. Elle fait partie de ces « petits patrimoines remarquables » souvent oubliés et nous avons bien envie de la sauver afin de conserver la mémoire de ce lieu et de son dernier habitant.

La chapelle Saint-Ferréol à Bollène

Dédiée à St Ferréol de Vienne, cette chapelle est située au sud-est du massif de Barry, sur la route (D.859) de St Restitut (26) aux abords du château de la Croix Chabrières et du manoir de St Ferréol dans le quartier du même nom, lieu-dit précédemment désigné Chabrières (territoire de l’ancien fief médiéval).
Sa restauration baroque en fin du XIXe siècle, cache par sa toiture en tuiles mécaniques de Marseille et sa silhouette extérieure, sa grande ancienneté.
Remaniée à différentes époques, la base de ses murs et la structure du bâti font apparaître que sa construction date de la période du Moyen Âge central, du Xe au XIIe siècle (*1)…

Histoire de la chapelle

Pendant l’Antiquité, les Romains investissent la région, grands bâtisseurs, ils créent des localités avec habitations, fermes, emplacements de défense (castrum), lieux de spectacles (arènes, théâtres), de culte (temples), des routes (ex : via Agrippa) etc.
Pendant la "Pax Romana", dans la plaine fertile du Lauzon de St Ferréol à St Pierre de Sénos et riveraine de la via Agrippa, s’implantent des exploitations agricoles : villae Gallo-romaines, dont il subsiste d’infimes stigmates… (*3)
Au Moyen-Âge, la plupart des emplacements des édifices Gallo-romains sont réutilisés pour établir des châteaux forts, églises, etc. La chapelle de St Ferréol est érigée vers cette époque et probablement sur les ruines d’un ancien temple Gallo-romain, de même pour le fortin de Chabrières sentinelle dominant la plaine du Lauzon, sur celles d’un castrum
Du XIVe au XVIIIe siècle, le quartier de St Ferréol (ou de Chabrières) se compose, outre les fermes de la plaine du Lauzon, d’un ensemble d’habitats troglodytiques dans la falaise rocheuse au pied du fort, et à l’est de celui-ci sur le plateau, un petit hameau médiéval (*4).
La chapelle (ou église ?) de St Ferréol et son cimetière contigu (*5) offrent un lieu de culte et un lien social pour ses riverains.
Devenue "Bien national" à la révolution, le baron Pierre Joseph Henry de Granet-Lacroix de Chabrières la rachète en 1813, la restaure et la remanie, lui donnant son aspect actuel (*6).
En 1860, après la mort de son fils cadet, le valeureux Colonel de Chabrières, ses frères aîné et puîné réaménagent le cimetière, pour y recueillir sa dépouille.
En 1865, le baron Alexandre François Henry de Granet-Lacroix de Chabrières, fait donation sous conditions à l’hospice de Bollène de la chapelle de St Ferréol (*7).
Dans le petit cimetière attenant à la chapelle reposent les trois derniers descendants de la famille de Granet-Lacroix de Chabrières.
Chaque année le 4 juin, les légionnaires du 2e Régiment Étranger de la caserne Chabrières de Nîmes, honorent dans le petit cimetière de St Ferréol, la mémoire du valeureux Colonel Louis Marie Henri de Granet-Lacroix de Chabrières : premier chef de corps de leur régiment, Commandeur de la Légion d’honneur, mort héroïquement au combat à Magenta le 4 juin 1859.
La chapelle de St Ferréol ne semble pas avoir attiré l’attention des photographes et éditeurs de cartes postales du XXe siècle, pourtant elle possède un certain charme et une histoire associée au passé de son quartier.

Claude Dalmas, novembre2017

La légende de Saint-Ferréol

Ferréol est né à Vienne, vers le milieu du IIIe siècle. Ses parents qui étaient nobles et chrétiens, élevèrent Ferréol dans la religion chrétienne et le destinèrent à occuper des postes importants dans l’administration de l’Empire romain. Il embrassa la carrière militaire. Guerrier intrépide, il se signala par sa bravoure qui fut distinguée assez rapidement et fut élevé au grade de Tribun ce qui correspond à notre actuel grade de Colonel.
Ferréol se fit remarquer aussi par son attachement à la religion du Christ et par son zèle à la défendre et la propager. Chaque jour il instruisait ses compagnons d’armes à cette doctrine. Ce prosélytisme déplaisait à ses chefs, d’autant que l’empereur Dioclétien avait décrété l’éradication de cette nouvelle religion ; partout sur le sol de la Gaule les chrétiens étaient mis à mort. La persécution sévissait aussi dans l’armée, toute la légion Thébaine au pied du Mont Cenis fut massacrée, car elle refusait de célébrer les dieux de l’Empire.
Crispinus, alors gouverneur de Vienne, entreprit d’amener Ferréol et Julien son ami intime et compagnon d’arme, à abjurer le christianisme.
Ferréol ne céda pas, il fut emprisonné pour avoir facilité la désertion de son ami. Capturé, Julien est décapité en Auvergne. Le corps de Julien (St Julien) fut inhumé à Brioude (43) et sur sa tombe se produisirent de nombreux miracles (Basilique de St julien de Brioude)… Ferréol s’évada et traversa le Rhône à la nage. Repris, il est ramené à Vienne et mis à mort vers l’an 304.
Deux siècles plus tard, en 473, Saint Mamer évêque de Vienne transféra les restes de Ferréol dans une église nouvellement construite : à l’ouverture de sa sépulture, apparut le corps du Tribun plus une tête ; celle de son ami Julien…
Cette découverte eut un retentissement considérable, la popularité de St Ferréol se répandit et s’amplifia ensuite, par la distribution de reliques…
Au haut Moyen Âge, le culte de Saint Ferréol se propagea rapidement dans le sud de l’ancienne Gaule Narbonnaise : Dauphiné, Provence et pays d’Oc. À la paix religieuse de l’empereur Constantin, de nombreux pèlerins venaient à Vienne pour se recueillir sur la tombe du saint… (*2).

NOTES :

***** (*1) Le Moyen Âge est une période de l’histoire du Vᵉ siècle au XVᵉ siècle, qui débuta après le déclin de l’Empire romain d’Occident…
(*2) Source : Connaissance et Sauvegarde des Oratoires. Lieu de culte de St Ferréol : Église primitive et cloître de Saint-Romain-en-Gal 69.
(*3) Source : traces de villaé (Archéologie : Jung : Morphogénèse/la centurie d’Orange. P. Boise : Agglomérations Gallo-romaines..).
(*4) Quelques traces du hameau médiéval restent visibles parmi la végétation de chênes verts.
(*5) Le cimetière primitif a disparu, il était situé au sud de la chapelle au bas de la terrasse d’accueil. (Témoignage des propriétaires exploitants le terrain qui lors de labourages découvraient de nombreux fragments osseux, de tessons d’argile cuite et de maçonnerie).
(*6). Le baron de Chabrières achète plusieurs lots entre 1872 et 1874 dont : St Ferréol et son ancien cimetière, N.D. de la Pitié avec son cimetière, N.D du Pont (à demi avec Bonnot) et divers biens. (Source : Bollène des origines au XIXe siècle de Marianne Bignan).
(*7) Donation à condition : que l’hospice entretienne la chapelle et le cimetière, qu’une messe soit dite chaque dimanche et que des messes soient célébrées pour les ancêtres du donateur. Elle contient : la chapelle, une vigne et des terrains labourables d’une surface d’environ 1 hectare, une somme de 7 000 F (or) et 3 peintures à l’huile représentant le portrait de chacun des frères de Granet (Probablement peintes par les amis très proches du donateur et témoins de son dernier souffle : Auguste Martin peintre et sculpteur puis Etienne-Antoine Parrocel peintre, écrivain et critique d’art). Source : Archives municipales.

Le télégraphe aérien de Claude CHAPPE à Barry

ou la station du sémaphore de Bollène

“Le citoyen Chappe offre un moyen ingénieux d’écrire en l’air, en y déployant des caractères très peu nombreux, simples comme la ligne droite dont ils se composent, très distincts entre eux, d’une exécution rapide et sensible à de grandes distances”…

(Extrait du rapport à la Convention le 1er avril 1793 de Charles-Gilbert Romme membre du Comité de l’Instruction Publique.)

Claude Chappe présente en 1793, un procédé de communication de l’information à distance qui s’avère être le plus rapide de tous ceux utilisés jusqu’alors. Aidé par ses frères, Claude Chappe est le premier entrepreneur des télécommunications dans l’histoire de l’humanité. Par la rapidité de son système, il révolutionne la transmission de l’information.

En 1794, il achève l’installation de la première ligne entre Paris et Lille. Un message émit de Paris parvient à Lille dans le cas de conditions favorables de visibilité (météo) environ 30 minutes plus tard, c’est un progrès énorme pour l’époque. L’invention est adoptée par la Convention Nationale qui nomme Claude Chappe, ingénieur télégraphe…

“Sémaphore” à sa création, le procédé de Chappe est nommé ensuite le “Télégraphe aérien”. Le principe permet à l’aide de bras articulés, de transmettre des signaux optiques d’un poste sémaphore à un autre. L’appareil est appelé “Station”, les postes ou stations sont positionnés sur des hauteurs et distants d’environ de 10 à 15 km. Le factionnaire de la station équipé d’une lunette de longue-vue, copie sur un registre les signaux émis par le sémaphore émetteur voisin. Puis avec l’aide d’un mécanisme complexe de poulies et de cordages qui actionnent bras indicateurs en haut d’un mat, le stationnaire récepteur devient à son tour émetteur pour la station suivante. Les émissions circulent dans les deux sens, amont ou aval, chaque position des bras (signal optique) correspond à un mot d’un vocabulaire codé. Seules les stations centrales situées généralement aux abords d’une préfecture ont connaissance après décodage du contenu des messages…

Bien qu’il ne fonctionne que de jour et par beau temps, le télégraphe Chappe reste actif pendant 59 ans. Au milieu du XIXe siècle, on compte plus de 500 postes en France, 200 hors du territoire national avec un réseau de 5 000 km. Il est détrôné par l’arrivée du télégraphe électrique et abandonné définitivement en 1855, les stations sont remises aux Domaines puis vendues aux enchères…

Le télégraphe à Barry

Le massif de Barry d’une hauteur approximative de 310 mètres est par sa position dominante sur la vallée du Rhône un emplacement de choix pour installer un poste de télégraphie aérienne.

Le télégraphe se situait au Nord-Ouest sur le plateau du village troglodytique de Barry à 6 km de Bollène, près de l’ancienne table d’orientation et à proximité du bord de l’escarpement ou de la falaise surplombant Bollène-Ecluse. À 30 mètres de ses ruines, un relais de télécommunications moderne témoigne de la pérennité du site pour les transmissions à longue distance.

La station fut construite sur une partie des restes de la chapelle St Vincent (XIIe siècle), voir plan ci-contre. Sa position a été vraisemblablement choisie pour l’utilisation des ruines de la Chapelle. Malgré le soutien de l’état, Chappe manquait sérieusement de ressources d’investissement.

Les ruines du bâti de la chapelle étant sur place, elles aidèrent sans doute à la construction de la station de BARRY, pour un gain de temps tout en évitant l’achat et le transport d’accès difficile, d’une grande part des matériaux…

Les dimensions de l’édifice sont de 4X4 m avec une épaisseur des murs de 0,40 m pour une hauteur probable au faîte du toit de 7 à 8 m. Ses ruines subsistent encore ; le poste mériterait d’être restauré, il apporterait un attrait supplémentaire au public passionné par le massif de Barry avec ses particularités historiques et environnementales.

La station N° 22 de BARRY

Le sémaphore de Barry ne représentait qu’un poste intermédiaire, les stations centrales les plus proches étant Valence et Avignon. Ses relais voisins étaient : au nord, La Garde-Adhémar avec le poste N° 21 et en amont de ce dernier, Rac (Malataverne aujourd’hui) le poste N° 20. Vers le sud, Mornas le poste N° 23 et au sud, celui d’Orange le poste N° 24…

L’arrivée du télégraphe électrique pouvant communiquer sans problème de visibilité (météo et nuit) avec une transmission plus rapide, plus précise et aisée, sonne le glas du système optique de Chappe.

Comme ses voisines, le 14 décembre 1821 la station de Bollène transmet sa première dépêche. Puis, après 33 années de service sur la montagne de Barry, ses bras cessent définitivement de gesticuler, le 10 février 1854.

Par tradition orale deux stationnaires sont connus, natifs et résidents du village troglodytique de Barry ils appartenaient aux familles Bouchon et Rivier. Pour être employé au télégraphe, ils devaient savoir lire et écrire, ce qui à cette époque n’était pas chose courante dans la population du village.

Rivier officia une dizaine d’années et fut le dernier stationnaire. Homme très pieux, entre les transmissions il lisait un livre de prières. Un brouillon de lettre écrit sur une page arrachée à ce livre a été conservé ; Rivier se plaint de ne pas recevoir le remboursement de frais de réparation du télégraphe, qu’il a payé de sa poche afin d’assurer sa mission. L’hiver, il recevait une allocation (dérisoire) de bois pour chauffer le local où il était présent 12 heures par jour….

Source : Docteur Bernard Ely apparenté à Rivier et Robert Bouchon, tous deux issus de vieilles familles de Barry ; défenseurs et historiens du village.

Quelques notes et anecdotes de l’époque concernant le télégraphe Chappe

Les auteurs contemporains du télégraphe-Chappe s’inspirent de ses stations gesticulantes :

Victor Hugo : La première apparition du télégraphe dans la littérature date de 1819 avec Victor Hugo. À 17 ans, il écrit le poème “Le télégraphe” : “Ce maudit télégraphe va-t-il cesser ! D’importuner mes yeux qu’il commence à lasser ? Là, devant ma lucarne, il est bien ridicule ! Qu’on place un télégraphe auprès de ma cellule ! Il s’élève, il s’abaisse… et mon esprit distrait dans ces vains mouvements cherche quelque secret… 

Le télégraphe, 1819.

Il rencontre à plusieurs reprises le télégraphe :

En 1836, alors qu’il voyage avec Juliette Drouet près du Mont Saint-Michel, Hugo apprend grâce au télégraphe l’attentat du 25 juin, d’Alibaud contre Louis-Philippe.

Sa visite au Mont Saint-Michel lui laisse un souvenir détestable : À l’extérieur, le Mont Saint-Michel apparaît comme une chose sublime, une pyramide merveilleuse… Pour couronner le tout, au faîte de la pyramide, à la place où resplendissait la statue colossale dorée de l’archange, on voit se tourmenter quatre bâtons noirs ; c’est le télégraphe. Là où s’était posée une pensée du ciel, apparaît le misérable tortillement des affaires de ce monde ! C’est triste.”

Voyage en France et en Belgique, 1834-1837.
…”À deux lieues de Chalons, dans un endroit où il n’y a que des plaines, des chaumes à perte de vue et des arbres…, une chose magique vous apparaît tout à coup, c’est l’abbaye de Notre-Dame-de-l‘Epine. Il y a là une vraie flèche du quinzième siècle, ouvrée comme une dentelle et admirable, quoique accostée d’un télégraphe, qu’elle regarde, il est vrai, fort dédaigneusement, en grande dame qu’elle est.”
Le Rhin, 1842, ‘Œuvres complètes de Victor Hugo‘. 

Stendhal a entrevu avec beaucoup de clarté le rôle que les moyens de télécommunication seront amenés à jouer, au service du pouvoir notamment. Voir son roman inachevé, rédigé entre 1830 et 1840 qui relate l’histoire du lieutenant Lucien Leuwen : “Le télégraphe y est un moyen de pression par le biais de la rapidité de l’information”.

Flaubert en 1847 évoque la vie d’un stationnaire dans ‘Voyage en Bretagne par les champs et par les grèves’ :
Quelle drôle de vie que celle de l’homme qui reste là dans cette petite cabane à faire mouvoir ces deux perches et à tirer sur ces ficelles, rouage inintelligent d’une machine muette pour lui ! Il peut mourir sans connaître un seul des événements qu’il a appris et un seul mot de tous ceux qu’il aura dits. Le but ? Le sens ? Qui les sait ?”.

Comme aujourd’hui avec internet, il y avait des virus et des tromperies ! :

Certains spéculateurs n’hésitent pas à corrompre les stationnaires pour envoyer de fausses informations sur les cotations de la Bourse à Paris…

Alexandre Dumas, évoque les informations corrompues dans “Le Comte de Monte-Cristo” (1846) : ” Monte-Cristo soudoie l’employé d’une des tours sur la ligne de l’Espagne à Paris et lui fait exécuter d’autres signes que ceux de la dépêche ; il en résulte à Paris une brève panique boursière où son ennemi le baron Danglars perd une grande part de sa fortune. Ce passage est pour Dumas l’occasion de décrire le fonctionnement d’une ligne du télégraphe Chappe…

Élie Berthet, dans son roman “La tour du télégraphe” (1869) ; un jeune homme confiné dans une station télégraphique sur la ligne Paris-Bordeaux, découvre un abus du télégraphe pour un délit d’initiés spéculant à la Bourse.

La Loterie de France transmettait les résultats par télégraphe, moyennant une redevance (il y a eu des fraudes). La contribution de la Loterie de France a permis à Chappe de financer de nouvelles lignes…

Les politiques et les militaires usent du sémaphore :

François René de Chateaubriand en tant qu’usager, par ses fonctions d’Ambassadeur à Berlin (1821), à Londres (1822) et Rome (1828), précise qu’il possède un avantage sur ses collègues, le télégraphe lui permet d’être informé avant tous : “Si la chose en vaut la peine, j’enverrai un courrier extraordinaire ;… Vous pourrez être instruit par le télégraphe vingt-quatre heures avant le reste de l’Europe et expédier si vous le voulez, un courrier pour Vienne.” Extrait des Correspondances.

Napoléon Bonaparte comprend rapidement l’avantage que procure l’invention des frères Chappe sur les champs de batailles. Il emporte un sémaphore portable dans ses campagnes, ce qui lui permet de coordonner ses forces et sa logistique sur des distances plus grandes que n’importe quelle autre armée ennemie.

Si l’Empereur tire profit de la copie du système Chappe sur le plan militaire, il ne favorise pas financièrement l’installation des lignes du télégraphe….

Napoléon Ier, était-il bien inspiré ? Oui, semble-t-il !*? Car pour son évasion de l’île d’Elbe et son débarquement en France le 1er mars 1815, la ligne du télégraphe Lyon-Toulon par manque de capitaux n’est pas encore implantée. Louis XVIII n’est informé que quatre jours plus tard du retour de l’Empereur dans l’hexagone ! (Délais d’acheminement de la dépêche à la vitesse du cheval entre la côte d’azur et le télégraphe de Lyon). Si la ligne avait été opérationnelle, le Roi aurait été informé 3 ou 4 heures après, ce qui probablement aurait changé quelque peu le cours de l’histoire… Le télégraphe de Lyon jusqu’à Toulon n’est ouvert que 6 années plus tard en 1821.

Si le principe du télégraphe optique paraît totalement désuet aujourd’hui et son inventeur quelque peu oublié, il est pourtant l’aïeul des procédés de la diffusion rapide de la communication. Après l’invention de Claude Chappe naissent successivement : le télégraphe électrique, le téléphone par fil, la T.S.F (Radio), la télévision, le téléscripteur (Télex), les satellites de communication, le minitel, internet et le téléphone portable…

Sources : Archives FNARH, station de Barry, par L. Niéto 1986. Wikipédia. Télégraphe-Chappe.com. Le télégraphe historique : Alexis Belloc, 1894 BnF. Napoléon-histoire.com. Chappe dans la littérature : de Thérèse Eveilleau, pages perso. Ely Bernard, archives perso et communication de tradition orale. Centenaire de la télégraphie, François Gautier 1893 BnF. Barry découverte//de R.Bouchon et M.Bois. Le télégraphe optique de C. Chappe : Roger Gachet 1993. Le télégraphe aérien : Louis Figuier 1868.

Claude DALMAS, février 2018.

Ci-dessous : photos de télégraphes restaurés ; celle de gauche semble correspondre au jumeau de Barry

Les traces du passage d’Hannibal à Barry (Aeria)

Les Carthaginois décident lors de la deuxième guerre Punique d’attaquer les Romains par le nord de l’Italie. Hannibal fils aîné d’Hamilcar Barca, conduit cette aventureuse expédition à la tête de 90 000 fantassins, 9 000 cavaliers et une quarantaine d’éléphants de guerre.

Buste trouvé à Capoue, actuellement au musée archéologique national de Naples, et représentant Hannibal selon Theodor Mommsen. (source : wikipedia).

Cette armée partie de Carthagène (Espagne) au printemps 218 avant-JC., franchie les Pyrénées au Col du Perthus, puis atteint la rive droite du Rhône fin de l’été. Pour éviter de combattre l’armée Romaine de Scipion, venu l’attendre sur l’autre rive, Hannibal remonte le long du fleuve jusqu’à une centaine de kilomètres de son embouchure.

Le lieu exact de la traversée fait toujours polémique ; je privilégie les auteurs, Paul Marquion (1967) et les notes de Pierre Barjot (1957). Ces chercheurs, après études des textes antiques de Polype (IIe siècle avant-JC) et Tite-Live (Ier siècle avant-JC), situent la traversée du Rhône par les troupes d’Hannibal entre Caderousse et Pont-Saint-Esprit. Les conditions matérielles de ce transfert d’une rive à l’autre ont fait l’objet de nombreux récits différents.

Il est certain que les habitants de la plaine du Tricastin et du massif de Barry /Aeria, ont vu défiler et sans doute camper les troupes d’Hannibal. Des contacts humains ont eu lieu. Les Carthaginois n’avaient aucune raison d’être agressifs envers les populations locales, car leur seul but était de combattre le plus tôt possible les Romains sur le sol Italien.

Monnaie punique au cheval

Afin de négocier leur passage et leur approvisionnement, ils échangeaient des pièces puniques en argent frappées en Sicile, dont le revers représente un buste de cheval rappelant le mythe fondateur de Carthage.

L’armée d’Hannibal prit ensuite la direction de l’Italie en franchissant les Alpes par un itinéraire encore inconnu malgré les centaines d’historiens qui ont cherché à résoudre ce mystère.

Monnaie des Tricastini au cheval

Un siècle plus tard les Tricastini (Peuple de la confédération Cavare) s’inspirent de cette monnaie pour frapper leur première pièce d’argent; quelques spécimens ont été trouvés dans la vallée du Rhône, en bordure du Lez et à Barry.

Une autre réminiscence du passage d’Hannibal dans la région est le mot Carthagène. Cette boisson encore appelée ainsi de nos jours dans toutes les régions viticoles du Languedoc, servait dans l’antiquité à conserver le vin en lui rajoutant de l’eau-de-vie, afin qu’il ne tourne pas au vinaigre par les élévations de température et les conditions de transport. C’est en outre un bon désinfectant (Plus de 20° d’alcool). Les populations traversées adoptèrent cette boisson et lui donnèrent le nom de Carthagène.

Robert Andrieu, avril 2018.