La caverne perdue de Barry

*UNE DÉCOUVERTE DONT LA LOCALISATION EST PERDUE*

En 1966, deux copains, Robert Andrieu et un ami, passionnés par Barry, se retrouvent sur les indications d’un chasseur au pied d’une falaise, et aperçoivent ce qui en apparence correspond à l’entrée d’un terrier. Alors que le Nemrod avait pourtant parlé de l’entrée d’une caverne. Regardant de plus près, en effe t, il est possible en rampant sur quelques mètres d’entrevoir un élargissement de la cavité. Les deux amis décident de revenir avec un équipement plus approprié pour faire une exploration dans cette ouverture rocheuse…

Huit jours plus tard, en combinaison de travail, munis de deux lampes électriques, d’un double-mètre, d’un appareil photo, d’un carnet et d’un stylo-bille, les explorateurs pénètrent dans la cavité. Après quelques reptations, ils peuvent se tenir debout et constatent, qu’ils ne sont pas dans une cavité creusée manuellement, mais dans une faille naturelle rocheuse de section triangulaire ou trapézoïdale selon leur progression.

À six mètres de l’entrée, une fosse apparaît qui correspond à l’emplacement d’une ancienne sépulture, ils en ont la confirmation au fil de leur exploration… Sur les parois rocheuses, ils découvrent plusieurs blasons gravés grossièrement, quelques dates tracées ou écrites au charbon de bois (la plus récente est datée de 1938) ainsi qu’une étoile de David. Au plafond, se distinguent les traces noires de fumées laissées depuis des temps par des torches. Les amis avancent sur un sol à peu près horizontal, dans un passage de 2 à 4 mètres de largeur et de 2 à 5 mètres de hauteur, suivant leur cheminement. Puis, environ à 150 mètres de l’entrée, un fronton de roche bouche le passage, Robert Andrieu y remarque une inscription en latin burinée avec soins ; une épitaphe mesurant environ 30 cm de haut et 40 cm de large.

L’épitaphe et sa traduction sommaire :

MDCXXXV = 1635 HICET ULTRA = Ici et au-delà FUIT ROCHER = Fut (vécu) ROCHER

Voilà ce qui expliquerait la fosse à l’entrée de la grotte, une sépulture qui a été vidée de son contenu. Trois photos sont prises avec peu de moyens : un KODAK Rétinette 1A et une lampe de poche en guise de flash !

Ci-dessous les photos les plus lisibles :

Un relevé succinct des gravures, des armoiries et les dimensions de la cavité sont annotés sur un petit carnet à spirale.

Après plus d’une heure d’exploration les amis sortent de ce lieu énigmatique, se promettant d’y revenir… Cinquante années se sont écoulées et les circonstances de la vie ont éloigné les deux amis.

Mais depuis quelques mois, Robert Andrieu avec l’aide de Gérard Dumarcher recherche vainement l’entrée de la grotte-refuge, sa localisation est devenue difficile ; l’envahissement par la végétation et les éboulements ont totalement modifié l’aspect du site… En attendant sa redécouverte, Robert Andrieu prospecte dans les archives Bollènoises sur les traces qui apporteraient quelques explications sur cette sépulture, peu banale et énigmatique.

Après des recherches sur internet et aux Archives Municipales et Départementales, le destinataire de l’épitaphe paraît être identifié :

-Jean Rocher Notaire à Bollène 1617-1645 ; notamment répertorié dans la généalogie des familles nobles.

-Une autre trace de Jean Rocher, se trouve dans les archives départementales civiles du Vaucluse, avec la curieuse mention :

« … poursuites de Jean Rocher contre Guillaume Julien, fermier de la boucherie de Bollène lequel a refusé de lui vendre de la viande de mouton pour son enfant malade… »

À son origine le patronyme Rocher désigne l’habitant d’un endroit rocheux ; la famille Rocher détenait une propriété au lieu-dit Lamaron, une combe rocheuse située au sud-est du massif de Barry. Malgré ces quelques renseignements, l’énigme n’est pas entièrement résolue !

-Pourquoi ce notable fut-il enseveli dans cette caverne ? Est-il décédé sur les lieux subitement à l’âge de 49 ans ? Par accident ? Par assassinat ? Ou fut-il pestiféré des suites de l’épidémie de cette époque ? Mystère ! L’enquête se poursuit…

Informations annexes, concernant cette famille :

-Le petit-fils de Jean Rocher en 1692, est admis dans la noblesse palatine avec le titre de : Comte Raymond de Rocher, par un bref du Pape Innocent XII.

-À compter de 1748, la famille de Rocher ajoute à son nom l’appellation « de Lamaron » ; usage courant de la noblesse pour signifier dans le patronyme le lieu d’origine ou d’une propriété de la famille : de Rocher de Lamaron (branche aînée)…

-Marie-Anne-Angélique de Rocher, nonne des Ursulines de Bollène, connut une fin tragique ; guillotinée avec ses consœurs, voir : Les 32 religieuses et bienheureuses martyres d’Orange en 1794.

-Au XIXe siècle, la famille construit et s’installe au « château de Rocher » route de Suze-la-rousse qui devient par la suite le relais de la BELLE ECLUSE, une auberge ayant une certaine renommée dans les années 1960-1990. Au lieu-dit Lamaron la demeure de cette famille subsiste encore, restaurée, elle accueille aujourd’hui un luxueux établissement de chambres d’hôte.

Robert ANDRIEU Juillet 2018

Le château de Rocher vers les années 60
L’ancienne maison de la famille de Rocher dans la combe de Lamaron
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